Ca y est on rentre dans le dernier trimestre du défi...

 

Bon le Zéro déchet dès le mois de septembre c´était apparemment un peu trop optimiste. Il y a encore beaucoup de choses quón ne peut pas trouver en vrac et que j'ai donc dû acheter avec des contenants : huile, vin, beurre, vinaigre, mais aussi miel ou bicarbonate de soude... Mais pour tous ces produits du quotidien, il faut bien avouer que sans magasin de vrac à proximité ça ne changera pas. Je n'ai malheureusement pas le temps d'aller chez les producteurs pour le vrac et je doute du côté écologique de la chose si je dois faire 50 km en voiture - on a rarement vu les bus avoir des arrêts dans des fermes - pour 250g de beurre ou 1L d'huile.

Bref, j'arrive ce mois-ci aux limites du 0 déchets en tant que consommatrice - mais ne me croyez pas découragée pour autant hé hé. Pour que je puisse passer au 100%, il faudrait que les pratiques commerçantes évoluent. J'ai découvert la boutique de rêve à Barcelone - Merci Sirop de Menthe pour ce bon plan - " El pages d´or " oú tout est en vrac et très bien fait. En France le principe se démocratise depuis la création de La Recharge à Bordeaux ou encore avec le nombre croissant d'épiceries Day By Day dont le principe est la vente en vrac.

Justement en parlant de "pratiques commerçantes", j'ai voulu comprendre un peu mieux d´où venait cette société du jetage perfectionné en posant quelques questions à ma grand-mère, ma mère et en y répondant moi-même... Voilà ce que ça donne.

 

 

=> Quand tu avais 15 ans, où allais-tu acheter les produits quotidien?

 

- Ma grand-mère ( 15 ans en 1953, contexte rural)

Il y avait une épicerie/café/tabac dans le bourg. Le boulanger passait deux fois par semaine et le boucher une fois tous les 15 jours puis toutes les semaines. Mais on n'achetait pas d'oeuf, pas de lait parce qu'on avait tous des poules et un voisin qui avait une vache. Pareil pour les gâteaux, le beurre, le fromage et le sarrasson c'était ma mère qui les faisait. Et pour le saucisson, on tuait le cochon. Ah et aussi, en hiver il y avait le marchand d'hareng qui passait une fois par mois et il criait " Hareng frais! Hareng frais! ", commme ça on savait qu'il était là. Et puis, il y avait beaucoup de colza par chez nous donc on l'emmenait au moulin avec une pièce, ils en faisaient de l'huile et nous la donnaient. Et le vinaigre on le faisait à la maison à base de vin.

- Ma mère ( 15 ans en 1978, contexte rural)

Pour le lait, on allait chez " la France" - à la ferme - avec nos bouteilles en verre. Sinon, il y avait une grande superette, et il y avait déjà le marché à Montbrison le samedi matin donc ma mère prenait le bus pour y aller. Le boulanger passait tous les jours avec la camionette. Je me souviens bien de l'ouverture du premier Géant Casino à Saint-Etienne, c'était l'évènement. Je ne sais plus exactement si c'était en 77, 78, ou 79 mais je me rapelle bien y être allée avec mes parents pour voir...

- Moi ( 15 ans en 2006, contexte semi-rural - ou semi-urbain c'est selon hé hé)

Et bien c'est plus simple : un super U à 800 mètres de chez moi, un discounter à 1km, et à moins de 3 km : un Carrefour, un Casino, et un Intermarché. Si avec tout ça, on ne trouve pas ce qu'on cherche..... Pour reprendre l'exemple du pain, il y a deux boulangers dans ma ville de 3000 habitants. Pour les prodruits frais quand même, on a toujours le marché du samedi matin. 2006, c'est à peu près cette année là que le premier magasin bio fait son apparition dans le paysage local.

 

 

=> Quand tu avais 15 ans, qu'est-ce que tu ne trouvais pas à proximité et que tu trouves aujourd´hui ?

 

- Ma grand-mère ( 15 ans en 1953, contexte rural)

Aujourd'hui, il y a plus de parfums et plus de marques pour une seule chose, par exemple la lessive tu as Ariel, Omo... Alors qu'avant tu n'avais pas le choix, il y en avait qu'une sorte. Ah et aussi, il n'y avait pas de tickets gratte-gratte - entendez par là les jeux à gratter de la Française des jeux. Il y avait aussi peu d'eaux minérales, d'ailleurs je me rappelle bien pour mes 5 ans, je me suis achetée ma première limonade.

- Ma mère ( 15 ans en 1978, contexte rural)

Il fallait aller dans différents commerces mais on trouvait de tout. Si, peut-être les vêtements, pour s'habiller on allait à Saint-Etienne.

- Moi ( 15 ans en 2006, contexte semi-rural)

Depuis 2006, je crois que ce que l'on trouve dans les magasins est similaire. Il y a peut-ètre un renouveau des produits naturels - ou en tout cas dits-naturels : on peut facilement acheter du bio, du sans gluten, du frais.....

 

 

=> Quand tu avais 15 ans, qu'est-ce que tu jetais à la poubelle et qui la ramassait ?

 

- Ma grand-mère ( 15 ans en 1953, contexte rural)

On n'avait pas de poubelle car il y avait très peu d'emballage. Les médicaments on les ramenait à la pharmacie, mais l'eau de javel par exemple, c'était consigné. On rapportait notre bouteille vide et on en prenait une pleine. Le sel (gros et fin) et la farine c'était au détail. Et puis la moutarde c'était au pot : on venait avec notre seau en fer. Si on avait trop de seaux en fer, on les utilisait pour traire les chèvres : c'était pas du plastique hein. La cire pour les meubles aussi c'était en vrac. Et puis le journal c'était pas tout le monde qui était abonné, on se le passait à 3 ou 4 et puis on le mettait pour la chaudière. Pour l'apéro les gens faisaient eux-mêmes avec des fruits quoi, et puis on achetait un pernot de temps en temps. Il n'y a que le sucre que j'ai toujours connu au kilo dans un carton, sauf le cristallisé, lui, il était au détail.

- Ma mère ( 15 ans en 1978, contexte rural)

C´était pas dans mes problèmes à 15 ans alors c'est dur de me rappeller. Il y avait peu de choses jetables en fait : pas de mouchoir en papier, pas de bouteille jetable. Ca existait, mais on n'en achetait pas. Les vêtements on les donnait aux voisins ou on se les passait à des plus petits dans la famille. Si, il y avait bien "la gandouse", c'était une décharge à ciel ouvert, il y en avait une à côté de chez nous. D'ailleurs, avec mon cousin, on allait fouiller et on trouvait des trésors : on cherchait des piles pour faire marcher le transistor.

- Moi ( 15 ans en 2006, contexte semi-rural)

C'est un peu comme aujourd'hui on jettait tous les emballages et toutes les choses "sales". Sauf qu'en 2006, c'était les débuts du tri sélectif chez nous. Il y avait donc une collecte des ordures par semaine, et une tous les quinze jours pour le tri sélectif.

 

J uste pour plus de précision, je vous ai mis qu'on est là dans un contexte plutôt rural, sinon le principe de ramassage des ordures existe dans la capitale depuis le Moyen-âge. Et la taxe qui va avec depuis la Renaissance.... Ça veut bien dire qu'il y a des déchets en ville depuis bien longtemps : il s'agissait plutôt de choses organiques - excréments et restes alimentaires.

 

 

Voilà en résumé, je me suis rendue compte que ma grand-mère n'a pas été traumatisé de ne pas produire de déchets... Et que finalement, l'avantage du XXIe siècle c'est que l'on trouve plus de choses, plus facilement. En a-t-on vraiment besoin? C'est une autre question..